Michi no eki : les aires de repos du pèlerin de Shikoku
Qu'est-ce qu'un michi no eki ?
Un michi no eki (道の駅, littéralement « gare de la route ») est une aire de repos le long d'une route nationale ou départementale. Le réseau a été lancé en 1993 par le ministère japonais des Transports, et chaque aire est gérée par la commune ou une société locale. On en compte aujourd'hui plus d'un millier au Japon, et Shikoku en est bien pourvue : comme le henro michi suit souvent les grandes routes, le pèlerin à pied en croise régulièrement.
On les repère de loin grâce aux panneaux routiers marqués 道の駅. On y trouve en général :
- des toilettes ouvertes jour et nuit, propres, avec de l'eau potable ;
- un grand parking gratuit, des bancs et souvent un auvent ;
- une boutique de produits locaux : fruits et légumes du jour, spécialités de la région, bentō, pâtisseries, souvenirs ;
- souvent un petit restaurant ou une cafétéria, et des distributeurs de boissons ;
- des informations touristiques et routières sur la région ;
- dans certaines seulement, un onsen, des douches ou une laverie : à vérifier avant de compter dessus.
Une halte précieuse pour le pèlerin à pied

Pour l'aruki henro, le michi no eki est d'abord une étape bienvenue : on s'y pose à l'ombre, on remplit sa gourde, on profite des toilettes et on se ravitaille. Les produits de la boutique sont souvent plus frais et plus variés que ceux d'un konbini, et beaucoup moins chers qu'au restaurant. C'est aussi un bon endroit pour demander son chemin ou des nouvelles de la météo : le personnel a l'habitude de voir passer les pèlerins.
Sur une longue étape sans temple ni village, repérer à l'avance les michi no eki permet de mieux découper sa journée.
Peut-on y dormir ?
De nombreux pèlerins japonais qui pratiquent le nojuku (dormir dehors) y passent la nuit, sur un banc ou sous l'auvent, pour profiter des toilettes ouvertes en permanence. Ce n'est pourtant pas un hébergement : selon l'aire, c'est toléré ou interdit, et un panneau l'indique parfois (野宿禁止, « interdit de dormir dehors », ou キャンプ禁止, « camping interdit »). Dans le doute, le plus simple est de demander au personnel pendant la journée.
Notre conseil : c'est à éviter. Les michi no eki sont très bruyants la nuit, avec un va-et-vient incessant de voitures et de camions, des moteurs qui tournent pour la climatisation en été, des éclairages puissants et, à la belle saison, des moustiques. Un henro goya, un tsuyado ou un zenkonyado offrent des nuits bien plus calmes.
Si vous n'avez vraiment pas d'autre solution :
- installez-vous tard, après la fermeture de la boutique, et à l'écart du parking ;
- pas de tente sans autorisation, et jamais de feu ;
- repartez tôt le matin, avant l'ouverture, en laissant l'endroit parfaitement propre.
Bon à savoir
- Les boutiques et restaurants ferment en fin d'après-midi ou en début de soirée : seuls les toilettes, le parking et les distributeurs restent accessibles la nuit.
- Les michi no eki figurent sur les cartes routières et dans la plupart des applications de navigation japonaises : pratique pour préparer ses étapes.
- Pour les autres façons de dormir pendant le pèlerinage, voir les articles de la série ci-dessous.